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Présentation

Bon, me voilà lancée !! Une petite présentation peut-être ?   Je suis infirmière à mi-temps dans une fondation regroupant trois établissements publics, une maison de retraite et deux foyers occupationnels pour adultes handicapés mentaux, dans le Médoc (en Gironde). J'ai choisi un mi-temps parce que j'ai une spondylartrite ankylosante, plus précisément une maladie dégénérative des articulations qui de temps en temps m'handicape dans la vie de tous les jours (et aussi dans mon travail). Mais je fais avec ... Et, ma foi, j'aime suffisamment la vie pour profiter pleinement des heureux moments qu'elle peut m'offrir.

Dans ce blog, j'essaie de vous faire partager ma vie, mes envies, mes passions, mes coups de gueule, mes colères ...
J'ai commencé par quelques poèmes que j'ai écrits il y a plus de 20 ans. Ils ponctueront régulièrement le blog, ainsi que quelques écrits, et des photos de mon environnement. Je sais, tout cela est très narcissique, nombriliste mais c'est une expérience comme une autre (ça remplace le psy !!). 
Et aussi, je vous livre une trilogie en cours d'écriture depuis 2004. Mon idée est de faire trois romans pouvant se lire indépendamment les uns des autres mais se situant à la même époque et proposant des personnages différents qui ont néanmoins plus ou moins un lien les uns avec les autres.


Je vous souhaite une bonne lecture ...

Mercredi 27 juin 2007



              Le voyage de Genève à Bordeau s’était passé agréablement. L’aérojet dans lequel Hestia avait pris place était spacieux, moderne et rapide. Un des derniers modèles de la flotte du WOE, tout droit sorti des éco usines de Bal. Les quelques passagers présents étaient tous des représentants de l’administration genevoise fonctionnaires en charge de différents rapports sur les provinces de l’ouest,ou commerciaux des usines mères genevoises. Ils semblaient tous surpris de voir parmi eux une représentante du dogme de Gaïa. Les quelques regards qu’avaient échangées Hestia était remplis de crainte et de suspicion.

Hestia en éprouvait une certaine fierté, mêlé à un sentiment de gène, certainement dû, pensait elle, aux nombreuses années passées à étudier dans les diverses écoles gaïennes. A la mort prématurée de sa mère, Hestia n’avait que cinq ans et son père, dont la carrière politique prenait de l’ampleur, ne s’était pas senti capable d’assumer seul l’éducation d’un enfant. Il l’avait donc placé sous l’aile protectrice de Gaïa, et Hestia avait appris peu à peu à se détacher de l’emprise familiale pour ne plus faire qu’un avec la cause de Gaïa. Elle avait embrassé le Dogme avec ferveur, comblant le vide de l’affection parentale par les préceptes rigoureux inculqués dans les écoles gaïennes., remplaçant la tendresse maternelle par la douceur exigeante des Nones et des maîtres, apprenant la vie à travers celles de ces condisciples. Elle avait trouvé ainsi un équilibre, une raison de vivre et de travailler.

La mission que l’École gaïenne lui avait octroyé devait clôturer ses études. C’était une mission de haute sécurité, supervisée par le Conseil du WOE. Du rapport qu’elle rendrait à l’École dépendrait le renvoi, la mise à pied ou l’ agrément de plusieurs Penseurs, coordinateurs et administrateurs du land médoqin. Hestia avait conscience du poids énorme des responsabilités qui lui incombaient, et elle en éprouvait une grande fierté. Un bref sourire égaya son visage. Elle se sentait ragaillardie,réconfortée, pleine d’entrain….

Mais au débarquement de l’aérogare de Bordeau, les choses se compliquèrent Aucun délégué consulaire ne l’attendait, aucun administrateur, aucun Penseurs…A croire que personne n’était au courant de sa visite,de sa mission dans le land médoqin. D’un pas décidé, elle se dirigea vers le contrôle scanérisé de l’air de débarquement. Là, un milicien vérifiait d’un œil morne l’identité de chaque passager. Hestia essaya un sourire auquel l’homme répondit par un regard ahurit.

--Je suis Hestia Deng Zi, Envoyée de Genève, en mission dans le land médoqin, commença-t-elle d’un ton autoritaire. Veuillez signale ma présence à vos supérieurs.

Le milicien la salua d’un bref signe de tête, brancha son com, et d’une voie hachée avertit le poste de commandement de la présence d’un l’Envoyé de Genève.

-- Je vous prie de bien vouloir vous asseoir, Envoyée, le colonel Vergt et l’administrateur Galois seront là dans peu de temps. Avez vous des bagages?

-- Envoyez une hôtesse les chercher, ils sont marqués du signe de Gaïa.

Le milicien s’empressa d’obéir. Les passagers attendaient, patiemment, debout, en file indienne. Quelques murmures interrogateurs se firent entendre, vite contenus sous le regard sévère du milicien. E se tournant vers le salon d’accueil, Hestia aperçut deux hommes empressés, un militaire et un civil. Elle se leva e se dirigea vers eux.

--Madame, commença le civil d’une voix étouffée, Madame, je vous prie de bien vouloir nous excuser pour cet accueil…Cet accueil…

-- Quel accueil? L’interrompit Hestia acerbe.

-- Nous ne savions pas que vous arriveriez si tôt, intervint le militaire.

--Vous avez bien reçu mon ordre de mission, demanda la jeune femme. Croyez vous que Genève soit si éloignée de Bordeau? A peine une heure d’aérojet sépare ces deux villes! Messieurs, je n’ai pas de temps à perdre, le WOE veut un compte rendu détaillé sur le travail effectué dans le land (nord) médoqin, et plus particulièrement sur l’évolution de l’écosystème. Je dois aussi rendre compte de l’activité de la cité aquacole de Brau. Mon emploi du temps étant plus que chargé, je vous demande expressément de me simplifier toutes les démarches nécessaires à mon enregistrement, et de me procurer rapidement un moyen de locomotion pour me rendre à l’aérogare médoqine.

-- Mon aérojet privé est à votre entière disposition, Madame, prêt à décoller, répondit l’administrateur d’une voix tremblante.

Hestia jeta un regard suspicieux à Galois. La possession d’un véhicule aérien privé était un privilège que peu de gens, soit il administrateur, pouvait s’offrir. Le fait que Galois en possédait un révélait, non seulement une fortune personnelle importante, mais aussi un certain désintérêt face aux recommandations du WOE et des lois gaïennes.

-- Votre appartenance au culte de Gaïa vous dispense des démarches administratives, intervint le militaire. Nous pouvons nos rendre tout de suite sur l’aire d’embarquement. Un détachement de mes meilleurs militaires va vous accompagner lors de votre mission.

-- Je n’en vois pas la nécessité, répondit froidement Hestia.

-- Madame, c’est pour votre sécurité, reprit l’administrateur. Le land médoqin, sans être un endroit dangereux, est une zone rurale, rude, non seulement par son climat et son milieu, mais aussi par ses habitants qui n’ont jamais appréciés l’ingérence d’un étranger. Ils ne sont pas violents, mais n’en font qu’à leurs têtes! Leurs comportements pourraient vous paraître étrange. Ils sont très attachés à de vieilles traditions antérieures aux grandes catastrophes. La présence de quelques militaires me semble indispensable, ne serait ce que pour leur faire comprendre l’importance de votre position et de votre rôle.

-- Je veux bien accepter vos conseils, bien que je doute de l’utilité de telles mesures. J’appartiens au Dogme de Gaïa, et ce fait même me protège contre toute agressions, qu’elles soient verbales ou physiques.

-- Nous préférons prendre certaines précautions, intervint Vergt en guidant Hestia vers une salle d’embarquement privée.

A travers la baie vitrée du salon, Hestia aperçut plusieurs aérojet de petites tailles, mais parfaitement entretenus. L’un d’eux était prêt à décoller. Au pied de la passerelle attendaient patiemment cinq militaires. Ils saluèrent dans un ensemble irréprochable le colonel et l’administrateur, puis, la main sur le cœur, inclinèrent légèrement la tête devant Hestia.

Galois conduisit la jeune femme vers un con salon aux confortables siège en simili cuir, et tout en la priant de s’asseoir, commanda sur la console de l’ordi quelques rafraîchissements.

-- Hestia Deng Zi, murmura l’administrateur en disposant les boissons sur la table basse. Seriez vous apparentée avec l’ancien Consul?

-- C’est mon père, répondit la jeune femme d’une voix dédaigneuse. Personne n’est parfait…Ne croyez surtout pas que cette filiation pourrait influencer mes décisions. Je ne suis pas comme lui, j’applique à la règle les préceptes de Gaïa.

Galois jeta un bref regard vers le colonel. Il eut un sourire embarrassé.

-- Votre père, malgré ses opinions légèrement irrévérencieuses envers les lois du WOE, est resté un personnage respecté dans certains milieux, notamment dans le land médoqin ainsi que dans les cités aquacoles. Votre nom, loin de vous défavoriser dans votre mission, pourrait vous être utile.

-- Mon père a trahi, Monsieur Galois. Ses idéaux sont à l’opposé des miens. Le WO m’a envoyé chez vous pour corriger toutes les aberrations que ses propos auraient pu faire germer dans certains esprits influençables. Dans les dossiers que j’ai pu compulser avant mon départ, j’ai noté plusieurs anomalies. Les rapports qu’envoient les Penseurs et les Sages du land médoqin sont peu explicites, peu fournis sur les données démographiques et économiques. J’ai noté des confusions dans l’application des plans du WOE. J’espère que tout cela pourra être éclairci rapidement et sans heurts. Je ne voudrais pas faire payer à l’ensemble des médoqin l’inefficacité et l’incompétence de leurs élus…

L’administrateur et le militaire paraissaient de plus en plus mal à l’aise. Ils faisaient tourner leurs verres entre leurs mains, comme si ce geste pouvait les aider à trouver une réponse qui satisfasse la jeune femme.

-- Le land médoqin est un lieu qui a toujours voulu rester à l’écart des grands projets, commença Galois. Il était appelé, dans les temps anciens, « la terre du bout du monde ». Peu de voies de communication, une population principalement rurale qui regardait toujours la nouveauté avec suspicion. C’est aussi à cause de cela qu’elle a pu préserver son environnement, ses traditions et sa culture. L’autorité, quelle qu’elle soit, a toujours eu énormément de difficultés à imposer ses règles notamment en ce qui concerne les « coutumes ». Nos Penseurs et nos Sages se retrouvent devant les mêmes difficultés. Le changement est mal perçut, et pour éviter tout friction, ils doivent avancer avec prudence.

-- Par Gaïa! Lenteur et immobilisme! Comment voulez vous que ce land progresse s’il est mené par de tels personnages! Les chiffres de votre économie sont catastrophiques! Tous dans le rouge! Le land n’est même pas autosuffisant! Comment pouvez vos soutenir de tels hommes? Comment pouvez vous gâcher toutes les opportunités que nous offre Mère Nature…

-- Madame, l’interrompit Vergt d’une voix autoritaire, il est très facile de porter un jugement négatif sur la situation du land médoqin, de critiquer les actions des Penseurs et des Sages quand on se trouve confortablement installée dans un bureau genevois. Je comprends votre… colère, mais je la crois disproportionnée. Attendez de voir la situation sur place avant de juger. Je peux vous assurer que nous faisons tout notre possible pour appliquer les lois du WOE, mais il s’avère parfois que leurs applications soient ….Peu propices… Regardez, la nature médoqine est rude, sauvage, changeant…

Hestia regarda à travers l’un des hublots. L’aérojet survolait


Façon ou d’une autre. J’ai peu d’expérience, mais je saurai être objective, et autant vous avertit tout de suite, les discours des uns et des autres n’influenceront en rien mes décisions. J’ai toujours eu pour habitude de me fier à ma propre perception. Je ne nie pas que vos conseils pourraient m’être d’une quelconque utilité, mais n’essayez pas de modifier mon jugement.

-- Madame, s’insurgea Galois, loin de nous l’idée de vous influencer en quoi que se soit. Nous tenions juste à vous avertir des conditions dans lesquelles vous devrez travailler

Les hauts parleurs grésillèrent.

«  Monsieur Galois, nous arrivons sur zone, atterrissage dans trois minutes »

--Vous serez bientôt sur place pour juger par vous-même, Melle Deng Zi, susurra Vergt.

Hestia avait déjà le regard rivé sur le hublot et observait attentivement ce qui se dévoilait à ses yeux. L’aérogare médoqine, entourée de forêts disparates, de prairies, de rizières, s’étendait sur quelques kilomètres carrées. C’était un ensemble complexe de voies de communications, de bâtiments administratifs et résidentiels, d’entrepôts aux multiples fonctions, se fondant dans de nombreux parcs et jardins, le tout entouré d’une barrière anticyclonique pour l’instant désactivée.

L’aérojet se posa délicatement sur le tarmac. L’administrateur se leva, lui prit la main et a conduisit devant le sas.

-- Madame, bienvenue sur le sol médoqin…

Le sas s’ouvrit lentement. Hestia sentit la présence de Vergt derrière elle. Il l’a poussa, imperceptiblement dans le dos, la contraignant à s’avancer seule sur la passerelle Un bruit léger lui fit lever la tête. Un aérojet militaire survolait la zone pour atterrir derrière un imposant comité d’accueil. Un retardataire!

Elle inspira profondément. L’air était pur, vivifiant avec un arrière goût iodé mêlé à des senteurs boisées et résineuses. Un sourire étira ses lèvres. Elle était enfin sur le terrain, et pourrait mettre en pratique toutes les connaissances acquises lors de son long apprentissage à l’École de Gaïa. Elle se dirigea d’un pas ferme et rapide vers les Sages, Penseurs et militaires venus l’accueillir en grandes pompes. Leurs tenues d’apparat brillaient sous le soleil ardent de ce mois d’Au et sur leur visage commençaient à apparaître les signes évidents d’un excès de chaleur. Elle eut le temps de détailler quelques visages, rudes, tannés, vieillis et marqués par des tâches blanchâtres, révélatrices de traitements anticancéreux. Les regards étaient anxieux, suspicieux, étonnés, quelques uns même ouvertement réprobateurs. Les lèvres étaient pincées sur d’improbables sourires, ou précipitamment fermées sur des exclamations injurieuses, voire rageuses.

Hestia essaya de ne pas se départir de sons sourire et de son calme. Galois et Vergt avaient sans doute raison, ces gens ne seraient pas faciles... Elle aurait certainement des difficultés à faire appliquer correctement les lois du WOE. Mais la tâche n’en serait que plus passionnante et l’honneur de servir Gaïa plus grand. Son sourire se fit plus assuré, plus conquérant. Elle redressa légèrement la tête et croisa le regard du retardataire…Un « réfractaire »! Elle se crut, un instant, sujette à quelques hallucinations, mais les yeux pers qui lui faisaient face se teintaient peu à peu d’une lueur d’intérêt et de commisération. Elle détourna précipitamment le regard, se sentant inexplicablement gênée, comme prise en faute.

-- Melle Deng Zi, permettez moi de vous présenter le Sage Millet, l’Ancien du land médoqin.

Un vieil homme au regard perçant s’avança, déposa la main sur son cœur, et s’inclina respectueusement devant Hestia.

-- Le land médoqin est très honoré de vous accueillir sur ses terres, Melle Deng Zi. Je vous prie de bien vouloir me suivre jusqu’à la salle de réception où nous avons organisé un cocktail en votre honneur, cela vous permettra de faire connaissance avec l’ensemble de mes équipes.

Hestia esquissa une moue de contrariée. Elle avait toujours eu en horreur ce genre de mondanités. Elle aurait voulu se mettre au travail sans perdre de temps en palabres infructueuses et pleines de sous entendues, mais elle se rendait compte qu’elle ne pouvait pas refuser l’offre de l’Ancien sous peine de le vexer, lui et toute la délégation médoqine. Elle s’inclina légèrement devant le Sage et lui envoya l’un de ses plus chaleureux sourires.

-- C’est avec plaisir que j’assisterai à votre réception Sage Millet. Pour ce qui est de votre équipe, je la connais déjà. Avant de venir ici,j’ai pris le temps de visionner tous les dossiers se rapportant à votre land. Je ne suis pas venue ici pour faire du tourisme, mais pour étudier avec l’ensemble des personnes concernées les solutions à mettre en place pour que votre land soit un peu plus performant.

-- Oui….Oui, bien sûr, nous pourrons discuter de tout cela à l’intérieur, à l’abri de la chaleur, qui sous nos latitudes devient rapidement caniculaire en plein august.

Le vieux Sage lui présenta son bras, et c’est avec u peu d’impatience et une certaine excitation qu’Hestia y déposa sa main. Ils prirent la tête de la délégation et marchèrent en silence vers l’un des bâtiments les plus proches. Hestia sentait, rivés sur son dos de nombreux et lourds regards. A ses oreilles parvenaient des murmures interrogateurs, critiques, agressifs. Elle fixa son attention sur les bâtiments lui faisant face, longues barres horizontales aux couleurs fondues et nuancées de bleus , verts et jaunes très clairs, aux larges baies miroitantes de soleil, aux toits recouverts des tout nouveaux dispositifs à énergie solaire, ensemble architectural d’une beauté simple, naïve qui s’intégrait parfaitement dans l’environnement.

Les portes de l’immeuble s’ouvrirent devant eux, dévoilant aux yeux d’Hestia, un magnifique hall décoré dans les tons d’or et de vert, les couleurs du WOE. Autour d’immenses piliers de soutien, s’enroulaient de volubiles plantes grimpantes qui montaient vers le plafond, puis cascadaient sur les balcons de verre d’une vaste galerie surplombant le hall. Tout au fond de la salle, se dressait un buffet vers lequel l’entraînait le Sage Millet. Des serveurs remplissaient déjà des coupes d’un liquide rosé et pétillant.

-- Du kir médoqin, l’une des boissons favorites de notre land. Vin rouge et Champagne, lui confia le Sage en lui présentant une coupe. Je porte un toast à notre Envoyée, que sa beauté n’ait d’égale que le succès de sa mission,termina-t-il en se tournant vers le reste de la délégation et en buvant cul sec le contenu le contenu de sa coupe.

Hestia lui jeta un regard où l’étonnement se mêlait à la contrariété. Elle ne supportait que très modérément l’alcool et ne l’appréciait guère. C’est du bout des lèvres qu’elle goûta le breuvage pétillant. La saveur âpre et piquante lui fit monter les larmes aux yeux. Elle cilla plusieurs fois, et lorsqu’elle releva la tête, croisa le regard goguenard du « réfractaire ».

-- Je ne suis pas très habituée à ce genre de boissons, s’excusa-t-elle. Mais je compte sur mon séjour pour progresser en la matière.

-- C’est tout à votre honneur, déclara le Sage. Une partie des caves de ce bâtiment contient d’importantes réserves de nos meilleurs vins, et c’est avec un réel plaisir que je vous initierai à leur dégustation..

-- Dois je comprendre que c’est en ces lieux que je résiderai?

-- En effet, nous vous avons réservé l’une des meilleures suites de ce complexe. Vous y serez plus à l’aise pour compulser les données sur notre land….

-- Je ne voudrais pas vous décevoir mais je n’ai pas l’intention de rester ici. Je voudrais en priorité consulté le Conseil de la Cité aquacole de Brau. J’ai donc l’intention de m’installer à Pauille, et plus précisément dans le complexe de la coordination écologique. D’Après mes renseignements, ce site est tout à fait approprié pour l’exécution de ma mission. De plus, les rapports que j’ai pu consulter m’ont semblée pour le moins curieux, plutôt alambiqués. Le Penseur Ponder pourra ainsi ‘exposer de vive voix ce que ses écrits non pas pu me révéler.

-- Je.. Euh.. Max Ponder est un de nos plus brillants Penseurs, et son équipe le seconde à merveille….

-- Je n’en doute pas, répliqua Hestia acerbe. C’est aussi l’une des raisons qui m’a fait choisir ce secteur. Vous devriez lui faire part de ma décision.

--Oui, oui, bien sûr, s’empressa le vieux Sage. Penseur Ponder, Melle Deng Zi désire s’installer dans votre centre de coordination écologique.

Un homme replet, au regard anxieux, se dirigea vers Hestia.

-- Madame, commença-t-il d’une voix légèrement tremblante, j’espère que vous trouverez dans ma cité le confort nécessaire qui sied à une personne de votre importance.

-- Penseur, le confort n’a jamais été pour moi une priorité. Seul le travail est épanouissant. Avez-vous un moyen de transport disponible?

-- Je pense que nous pourrons bénéficier du transport militaire qu’a pu utiliser mon coordinateur. Il n’a pas encore décollé, et contient suffisamment de place pour nous emmener à Pauille. Mais vous ne connaissez peut être pas mon coordinateur….Permettez moi de vous le présenter…Monsieur Sylvian Ritteur…

Hestia fit face à l’homme que Ponder lui désignait. Elle dut lever la tête pour croiser le regard étrange de celui qu’elle avait déjà repéré comme étant « réfractaire ». Elle prit le temps de détailler son visage au sourire quelque peu impertinent. Elle l’observa attentivement, montrant ainsi ouvertement sa curiosité teinté d’un involontaire mépris.

-- Monsieur, aucune des vidéos que j’ai pu consulter ne faisait apparaître votre visage. Je suis très surprise qu’une telle information ne m’est pas été révélée.

-- Madame, mon apparence physique n’a pour moi aucune importance, seul compte mon travail. De plus, je suis prêt à parier que si mon visage était apparu sur une de vos vidéos, l’objectivité de certains employés du WOE aurait été mise à mal…

Des murmures réprobateurs se firent entendre. Le Penseur Ponder fut pris d’une violente quinte de toux.

-- Madame, veuillez excuser l’impertinence du coordinateur Ritteur. Il n’a pas l’habitude de ce genre de réception..

-- Moi non plus, Penseur, répondit Hestia dans un sourire, et il est parfois intéressant de parler sans détour. Je n’aime pas les faux fuyants, ni les mensonges, et encore moins les vérités cachées. Monsieur Ritteur n’a pas forcément tort en disant que son visage pourrait lui amener certains ennuis. L’idée qu’un « réfractaire » puisse s’occuper de coordination écologique est plutôt tendancieuse, mais je suis persuadée que monsieur Ritteur s’acquitte très bien de sa tâche.

-- Bien sûr, bien sûr, acquiesça Ponder dans un souffle.

-- Et bien, allons le vérifier, reprit Hestia en saisissant le bras du Penseur. Nous n’avons que trop perdu de temps, et je suis pressée de connaître vos résultats.

-- Madame, nous avions prévu un buffet, intervint le Sage Millet.

-- Je n’ai pas le temps. Annulez le. Avertissez le pilote du transport militaire, nous partons pour Pauille dans cinq minutes le temps de nous rendre à pied jusqu’à l’aire d’envol.

-- Madame, mon aérojet est à votre disposition, intervint Galois.

-- Et le détachement militaire, ajouta Vergt.

Hestia se retourna vivement.

-- Si vraiment votre présence est indispensable, vous n’avez qu’à nous suivre, je suis persuadé que la milice de Pauille vous accueillera à bras ouvert…

Galois et Vergt échangèrent un regard de défiance. La tournure que prenait les évènements ne leur plaisaient absolument pas, mais ils ne pouvaient pas aller à l’encontre d’une décision prise par l’Envoyé, du moins pas ouvertement….

Hestia remarqua leur désappointement et la lueur de colère contenue qui était apparue dans leurs yeux. Elle avait la très nette impression de les avoir contrariés, et bien que ces deux personnes soient d’une importance toute relative, elle craignait qu’ils ne lui mettent des bâtons dans les roues. Elle haussa les épaules, comme pour se débarrasser d’un fardeau q’elle ne voulait pas, puis entraîna le Penseur Ponder, suivi de son coordinateur, vers la sortie. Le transport militaire les attendait sur le tarmac de l’aire d’envol. A cette vue, toutes ses craintes et ses doutes s’envolèrent, et elle ne pensa plus qu’à sa mission et à la ville de Pauille.

Par Hestia - Publié dans : Terra Ecologica
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