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Une aube brumeuse enveloppait d’une lumière dorée
l’immense delta de la Gironde. A perte de vue, ce n’était que bras de mer contre flots boueux d’un fleuve grossi par d’incessantes pluies orageuses, enlaçant de multiples îles, îlots, archipels
envahis par de nombreux marécages. Les premiers rayons d’un soleil déjà ardent paraient l’horizon de lueurs changeantes, miroitantes dans le prisme de gouttelettes en suspension.
De cet univers d’eau et de terres humides s’élevait une végétation de petite taille, dense, chaotique tordue par les vents dominants, dont les couleurs vertes marrons ou grises, se reflétaient difficilement dans les eaux tourbeuse du delta. Des effluves douceâtres, vaseuses et iodées montaient vers le ciel qui se dégageait peu à peu de la brume matinale. Les bruits paraissaient comme étouffés par l’atmosphère saturaient d’odeurs et de lumière.
C’est avec un plaisir toujours renouvelé que Sylvian naviguait sur le fleuve à cette heure matinale. C’était le moment qu’il préférait, quand la lumière apparaissait dessinant et transfigurant le paysage magnifique qui se dévoilait à lui. C’était le moment où il pouvait apprécier ce qui l’entourait sans être dérangé, sentir dans son corps tous les changements qui s’effectuaient autour de lui, se laisser éblouir par la lumière et les couleurs, humer toutes les odeurs naissantes, toucher tout ce qui passait à porter de sa main, écouter la vie du delta, du fleuve, et même parfois, en prenant garde que personne l’observe, goûter à certains fruits et bienfaits que pouvait lui offrir le delta. Il aimait aussi venir ici pour prendre la température des lieux, observer par lui-même l’évolution de l’écosystème, vérifier la mise en place de tous les systèmes de protections environnementales, surveiller l’application des diverses directives lois et décrets qu’avaient voté les Penseurs du land médoqin , sous l’égide de la World Organisation of Environment soient exécutés le plus convenablement possible. Il aimé enfin être ici pour savourer l’instant présent, réfléchir et méditer.
Debout à la barre de son naviplan de fonction, il scrutait l’horizon avec de simples jumelles. Il discernait au loin le scintillement des vastes dômes de protection de quelques villes côtières et aussi ceux plus petits des propriétés agricoles. Vers le Nord Ouest, s’étendait la zone de Braud dont le dôme de l’ancienne centrale nucléaire était à peine visible sous les flots de la marrée montante. Il observait avec un peu plus d’attention cette partie de l’ancien estuaire, fronçant légèrement les sourcils, comme si cela pouvait l’aider à mieux comprendre ce qu’il s’y passait.
Depuis quelques mois, la cité aquacole qui se trouvait en ces lieux se démarquait de plus en plus des fondement de la Démocratie Écologique. C’était, d’abord avec étonnement que Sylvian avait entendu des propos que tout autre que lui aurait juger diffamatoires, puis certains regards, lors de ses visites chez les aquacoles, lui avait fait comprendre qu’un fossé se creusait entre les deux communautés du delta. Depuis quelques temps, il avait acquis la certitude que des actes répréhensibles selon la loi de la Démocratie Écologique étaient commis par certains aquacoles. Il avait, pour l’instant, fermé les yeux devant ces délits qu’il jugeait mineurs, mais il craignait que certains penseurs ne s’en rendent compte et appliquent à la communauté aquacole des sanctions qu’elle n’admettrait pas. Il devenait urgent de réunir le Conseil de la cité pour leur expliquer clairement ce qu’ils encouraient s’ils persistaient dans cette voie.
Sylvian poussa un soupir où se mêlaient exaspération et désabusement. Il appréhendait les jours et les mois à venir. Ce n’était ni simple, ni évident de faire coexister les deux communautés. Pour lui, cela signifiait plus de travail, plus de palabres, plus d’ennui, de soucis…Et moins de temps pour se retrouver ici, dans son milieu, se ressourcer et profiter de ce que pourrait lui offrir avec abondance Mère Nature : le plaisir de se sentir en harmonie avec lui-même et son environnement.
Une sonnerie insistante le fit sortir de ses réflexions. Il jeta un regard sombre à la console de son ordi de bord. Finit la tranquillité! Il appuya sur le boîtier de communication avec une certaine appréhension. Un étrange sentiment de catastrophe imminente s’insinuait dans son esprit.
-- Monsieur, un appel du complexe administratif vient de confirmer l’arrivée de l’inspecteur du WOE, commença la voix essoufflée de son secrétaire. Le Penseur de Pauille demande expressément votre présence à l’aérogare médoqine. Il est très en colère de ne pas vous savoir déjà sur les lieux.
--Je ne pensais pas que cet inspecteur arriverait si tôt. Serait il plus zélé que la majorité des pontes genevois ? J’espère que ce n’est pas un de ces théoriciens pondant des lois inapplicables. Il risque quelques surprises en visitant notre land!
-- Je regrette de ne pas pouvoir vous fournir de plus amples détails sur cet inspecteur, monsieur,même les Penseurs n’ont apparemment pas connaissance de son identité. Vous serez un des premiers à le rencontrer. Je vous ai retenu un aéroplan, il vous attend à la capitainerie de Pauille.
--Merci, Shint, avertissez l’aérogare, j’arriverai dans une demi heure.
--Vous serez en retard…
--Comme d’habitude…Notre inspecteur connaîtra ainsi l’une de nos traditions les plus respectées, le quart d’heure médoqin, ou l’art de savoir être patient face à la disponibilité d’autrui….
Ritteur coupa la communication avant d’entendre la réponse très certainement réprobatrice de son secrétaire hors pair, mais dont la foi en Gaïa et la volonté d’être irréprochable, en faisait souvent un moraliste ennuyeux. Sylvian, à maintes reprises, lui avait démontré par son travail, que l’application stricte du dogme de Gaïa et des lois du WOE ne pouvaient résoudre les multiples problèmes de l’humanité. Shint, tout en comprenant et admirant le travail de son supérieur, persistait dans ses opinions. L’homme était au service de Gaïa, de la Terre, il n’en démordait pas…. Sylvian avait tenté de lui expliquer que toutes les lois votées par les bureaucrates du WOE ne servaient pas forcément la Terre et que le dogme de Gaïa n’était que le reflet d’une écologie technocratique sans relation directe avec l’environnement. Mais pour son secrétaire, tout ce qui venait de Genève était presque divin et de telles assertions s’assimilaient à un véritable blasphème.
Tout en réfléchissant aux possibilités d’amener son secrétaire à des certitudes moins catégoriques, Sylvian conduisait son naviplan d’une main experte vers le dôme du port de New Pauille. A l’approche des ruines de l’ancienne agglomération, son attention se fit plus vive. Il observa d’un œil critique les courants et remous naissants dans cette zone dangereuse. Le soleil matinal caressait de ses rayons obliques des bâtiments à demi engloutit, exacerbant par cette lumière rasante l’état de délabrement dans lequel ils se trouvaient. Les mousses et les algues paraient les murs de vert, de marron et de rouge, engloutissant peu à peu les anciennes constructions qui jadis avaient fait la fierté des hommes…Plusieurs embarcations étaient ancrées à proximité, et de nombreuses bouées de signalisation flottaient sur la surface boueuse des eaux du delta. Sylvian en releva machinalement les identifications, se promettant de revenir ultérieurement sur la zone pour vérifier les conditions de travail de ces hommes et de ces femmes, qui pour quelques crédits risquaient leurs vies à tout instant. La législation du WOE n’interdisait pas la récupération en zone inondée, mais les critères d’exercices étaient tellement contraignants que bien peu de particuliers avaient les possibilités financières de l’exercer. Aux yeux du WOE, les hommes et les femmes qui travaillaient ici enfreignaient la loi. Ils n’avaient pas les moyens de protéger l’écosystème des dégradations que pouvaient engendrer leur travail. Après tant d’années, qui pouvait savoir ce que contenaient ces bâtiments? Les hommes des siècles passés avaient pour habitude de posséder et d’entreposer de nombreux produits toxiques sur les lieux de travail, ou même chez eux, au péril de leur environnement, de leur santé, de leur vie…Le Woe ne voulait pas courir le risque d’une contamination. Seules quelques entreprises étaient habilitées à effectuer se genre de travail…Mais Sylvian, tout en comprenant les raisons des bureaucrates genevois, ne se sentait pas le droit d’interdire l’accès de cette zone aux particuliers…Il n’avait pas l’âme d’un flic, et encore moins l’envie de priver de pauvres gens de gagner quelques crédits supplémentaires pour subvenir à leur besoin.
Il sortit rapidement de la zone de courant, et après avoir contourné un dernier mur, remonta vers la rive et le dôme du port de New Pauille. Les parois translucides de celui-ci étaient largement ouvertes sur le chenal d’accès, permettant ainsi un va et vient continu de navires. Du simple naviplan jusqu’aux plus gros transbordeurs, tous devaient passer entre les deux phares vigies pour contrôler l’identité de l’équipage, des passagers, et surtout de la cargaison. Rien n’échappait aux scanners de vérification. Sylvian infiltra son naviplan dans le flot irrégulier de la circulation maritime. Il dut ralentir sa vitesse, surveillant attentivement le gros transbordeur à l’allure lente et pataude qui le devançait. A peine avait il passé les phares vigies que deux jets ski de la milice portuaire encadrèrent son embarcation….
--Monsieur Ritteur, vous êtes priez de nous accompagner, annonça la voix nasillarde d’un haut parleur. Avancée prioritaire…
Sylvian vérifia les consignes de son ordi de bord. Le mot PRIORITE s’inscrivait en rouge sur son écran. Il eut un haussement de sourcils devant tant d’impatience. Shin était certes un secrétaire perfectionniste, mais il lui était impossible de donner de telles directives. Pas assez d’autorité. Sylvian était certain que cet accueil si particulier était l’œuvre du Penseur de Pauille, ce cher Max Ponder. Un sourire mi amusé, mi ironique étira ses lèvres. Ponder devait être affolé de ne pas avoir son coordinateur à ses côtés pour accueillir l’inspecteur du WOE. Tel que le connaissait Sylvian, il devait être rempli d’appréhension, de colère mal contenue et d’une certaine excitation face à ce mystérieux Envoyé de Genève.
Ponder était son supérieur hiérarchique et depuis des années qu’ils travaillaient ensembles, ils avaient trouvés un consensus qui les satisfaisait. Ponder n’aimait pas sortir de SA VILLE, il n’aimait pas le milieu rural, il préférait, comme beaucoup de penseurs, s’investir dans le travail administratif, les réunions, les colloques et surtout les réceptions…Ce qu Sylvian détestait. En fait, ils étaient très complémentaires. L’un des reproches que lui faisait le plus souvent Ponder était son indiscipline, non pas coléreuse et vindicative, mais involontaire et insouciante.
Sylvian n’avait jamais pu se résoudre à rentrer dans le moule du parfait coordinateur écologique. Pas assez de place, trop de contrainte. Il fonctionnait à l’instinct, ce qui très souvent était incompatible avec ce que lui avaient enseignés les éco-techniciens de Bordeau. Ponder n’aimait pas non plus le faux détachement mâtiné d’irrespect narquois qu’affichait Sylvian dés qu’il lui parlait des lois et décrets du WOE ou du Dogme de Gaïa. Il ne pouvait cependant pas se défaire d’un des meilleurs coordinateurs du land, car malgré ses défauts, Sylvian arrivait à des résultats que personne avant lui n’avait obtenus.
Sylvian suivait docilement les deux jets ski, s’engouffra dans le chenal prioritaire et augmenta sa vitesse. Il dépassa les gros transbordeurs, les naviplans de divers fonctionnaires et quelques yacht. Les deux miliciens le conduisaient directement vers le secteur aéroporté, ouvrant leur route à grand renfort de sirènes hurlantes.
Sur l’appontement vers lequel ils se dirigeaient, un militaire attendait impatiemment. Sylvian eut à peine le temps d’accoster que celui-ci sauta dans le naviplan,
faisant chanceler la frêle embarcation.
--Dépêchez vous, cria-t-il, l’inspecteur du WOE va atterrir dans moins d’un quart d’heure, et si nous n’y sommes pas à temps, le Penseur Ponder va me rétrograder.
Sylvian prit le temps et la précaution de bien amarrer son naviplan, puis courut vers la piste de décollage où l’attendait déjà le militaire aux commandes de son aéroplan.
--J’espère que cet inspecteur du WOE vaut la peine de tout ce chambardement,grommela-t-il en bouclant sa ceinture de sécurité.
-- Tout Envoyé de Genève doit être reçu avec respect, monsieur, répliqua vertement le pilote en lançant sa machine dans une brutale ascension.
Sylvian s’agrippa à son siège et déglutit précipitamment. Il tourna la tête vers le militaire, surpris par cette manœuvre acrobatique
--Si vous continuez ainsi, nous risquons ne jamais faire la connaissance de votre respectueux Envoyé genevois…
-- Je ne fais qu’obéir aux consignes, répondit sèchement le pilote en programmant l’ordi de bord.
L’aéroplan survola à grande vitesse la ville de Pauille, puis les vases rizicultures et les vignobles chèrement maintenus par les exploitants agricoles. Au loin, sur une hauteur, scintillait le dôme de protection de l’agglomération de Saintciteuil, ensemble hétéroclite d’anciennes habitations de pierres et d’immeubles aux structures basses, aérées et fonctionnelles. A travers la vitre du cockpit, Sylvian arrivait à discerner les minuscules silhouettes des habitants, vacants à leurs diverses obligations. Du simple ouvrier agricole au fonctionnaire d’état, tous paraissaient affairés par leurs travaux, relevant à peine la tête au passage de l’aéroplan.
Le pilote suivait attentivement les indications de l’ordi de bord. L’appareil prit la direction sud est, et descendit en rase motte au dessus d’un vestige de forêts où se mélangeaient des pins de différentes espèces ainsi que de nombreuses essences de feuillus. Les arbres étaient tordus par les vents tempétueux des cyclones hivernaux, et leurs allures souffreteuses apparaissaient comme autant de signes incontestables de leur inadaptation au milieu et au climat. Sylvian grimaça devant un tel spectacle…L’homme s’évertuait à maintenir une activité sylvicole, par tradition ou par ignorance, mais cette terre au milieu de l’eau n’acceptait plus un ensemencement contre nature. Le sol était trop imbibé en période hivernale, entraînant l’asphyxie des racines, et es chaleurs d’été provoquaient souvent un dépérissement global de l’arbre, quand un incendie naturel ou accidentel ne détruisait à jamais vingt de travail…Sylvian avait maintes fois demandé que cette activité agricole soit révisée, remodelée,plus adaptée au land, mais il s’était toujours heurté à un traditionalisme forcené Il aurait pu, en tant que coordinateur écologique, obliger les forestiers à l’abandon de cette culture inadaptée, ou tout au moins en modifier les protocoles d’application, mais il n’avait aucune envie de s’aliéner les sylviculteurs et il pensait que la contrainte ne ferait qu’exacerber les différences. Tant que les activités des uns et des autres ne le gênaient pas dans son travail, il savait se montrer conciliant. Ce qui n’était pas le cas de certaines personnes appartenant au cercle restreint des hautes sphères dirigeantes….
Il reporta son attention vers le pilote. Un jeune lieutenant, nouvellement promu dans l’armée du WOE. Il était en pleine discussion avec la tour de contrôle de l’aérogare médoqine.
-- …Demande de voie prioritaire. Ordre du Penseur Ponder. Mon passager est attendu sur la piste 4
« Nom du passager, identification de sa puce… »
-- Coordinateur Ritteur, répondit Sylvian en passant le scanner de contrôle sur son épaule.
« Atterrissage piste 4 accordé…L’aérojet de l’inspecteur du WOE est en bout de piste… »
-- Nous serons sur zone dans deux minutes. Terminé.
La forêt laissa place à un vaste complexe immobilier entouré d’un système de protection anticyclonique désactivé. L’aérogare était constituée de nombreuses habitations de trois à quatre étages, à l’architecture massive atténuée par des ponts piétonniers aériens, et dont les couleurs pastels se confondaient dans l’environnement. Toutes les voies de communications, qu’elles soient routières, ferroviaires ou aériennes passaient pas l’aérogare, entraînant un afflux important de personnes, de matériels et de denrées alimentaires. Si le secteur de Pauille pouvait se targuer d’être un lieu paisible et relativement rural, celui de l’aérogare médoqine était une véritable fourmilière. Sylvian, bien qu’habitué à cette vision, en était toujours impressionné. Ce lieu le mettait mal à l’aise. Trop de bruits, trop de monde, trop d’odeurs piquantes et étrangères….
Au-delà du complexe se dressait des immeubles d’habitations ainsi que des bureaux et plus loin encore divers entrepôts et quelques usines de bio équipements…Le tout s’étendant sur quelques kilomètres carré et s’intégrant parfaitement dans l’environnement.
Le pilote prit les commandes et passa en mode manuel. Il effectua un somptueux demi tour et se présenta face à la piste 4, où venait d’atterrir
l’aérojet de l’inspecteur du WOE.
--Si vous pouviez essayer d’atterrir derrière le groupe du Penseur, intervint Sylvian.
Le pilote acquiesça d’un signe de tête. Il conduisit l’aéroplan vers l’endroit indiqué par Sylvian, se posa sans entraîner de turbulences et coupa les moteurs. Sylvian sautait déjà sur le tarmac et courait vers le petit groupe composé des Penseurs du land, de quelques Sages et administratifs, et de nombreux miliciens et militaires, la plupart haut gradés.
Il courait toujours quand il vit la passerelle de l’aérojet descendre lentement vers le sol. Puis, la porte s’ouvrit pour laisser apparaître une mince silhouette drapée d’une longue robe blanche. Il ralentit son allure, ralentit encore pour s’arrêter quelques mètres derrière Ponder, la bouche ouverte, les yeux ronds, et les sourcils nettement froncés.
-- Merde!Une Gaïenne…
--Je vous serez grée de garder vos commentaires pour vous, Ritteur, répliqua Ponder. Pas d’initiatives intempestives. Vous ne dîtes rien, vous ne faîtes rien, vous calquez votre attitude sur la mienne.
-- Qu’avons-nous fait pour que l’on nous envoie une Gaïenne? Murmura Sylvian âprement. Elle va nous accabler de questions, de reproches, de directives irréalisables. Elle va foutre mon travail en l’air, la confiance que les éco travailleurs avaient en moi, le dialogue, la compréhension…
-- Ritteur, ne vous emballez pas. Ne jugez pas notre inspecteur avant de savoir exactement ce qu’il vaut. N’oubliez pas que si elle nous prend en défaut, je suis autant coupable que vous sinon plus….
Sylvian se pencha légèrement au dessus de l’épaule de Ponder et constata que quelques gouttes de sueurs apparaissaient à la racine des cheveux, signe incontestable d’une anxiété grandissante. Il reporta son attention vers la jeune femme qui se dirigeait vers eux. Elle était grande, presque aussi grande que lui, mince, autant qu’il puisse en juger derrière son accoutrement, pardon, sa robe de cérémonie, et fière, comme toute personne imbue de son autorité.
Elle s’avançait vers eux d’une démarche raide qui accentuait la sérénité de son attitude. De longs cheveux d’un noir de jais encadraient un visage jeune malgré son
air austère. Sylvian poussa un soupir de résignation. Il entendait déjà les paroles de reproches de la jeune femme, il voyait sa désapprobation face à ses différents projets et son vif
mécontentement devant l’irrespect des lois et décrets du WOE. De plus, il n’avait vraiment aucune envie de changer sa façon de travailler. Il voulait préserver l’entente qui existait entre les
éco travailleurs et lui, même si c’était au détriment de sa carrière…Il saurait tenir tête à cette Envoyée de Genève, même si c’était une Gaïenne. Il leva la tête et croisa son regard.
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